samedi 4 septembre 2010

Salut l'artiste !

  C'est la larme au stylo et les zygomatiques en berne que j'écris ces lignes à l'heure où j'ai encore du mal à réaliser qu'un de nos plus grands acteurs, et sans doute l'un des comiques les plus doués de sa génération, nous quitte en nous laissant un sourire figé.
  Cette icône, que certains appelait affectueusement « Le grand dadais », vient de faire sa dernière blague, qui nous fait cette fois-ci pleurer.

  Mais revenons sur le parcours de ce grand homme au service du rire que tout le monde pense connaître.

  Les débuts de sa carrière remontent aux années 50. Ce seront quelques années de figuration où il touchera à tous les aspects du métier d'acteur, avec notamment un passage au PC, ou bien lorsqu’il effectuera un stage dans la cavalerie, où il y fera le zouave. « Fallait bien que j’apprends le métier » commentera-t-il ironiquement.

  C'est après une petite décennie d’errance, soit à la fin des années 60, qu’il commence à faire un peu parler de lui dans le cercle des comiques troupiers, à une époque où le « stand-up » n’existait pas encore, mais où il pratiquait avec un grand intérêt l’art de l’improvisation. Pour exemple son inscription à la version française de l’école américaine Actors Studio, l’école du RPF (Recherche Permanente de Folie) en 1958 « sans savoir ce que je faisais ». Génial.

  Il commencera à jouer des seconds rôles pendant les années 70, avec le 1er rôle Giscard. Le duo n'aura d'égal, à l'époque, que le tandem DeFunes – Montand.
  Rompant avec son alter-égal Giscard, qui ne s'en remettra jamais vraiment, il décide de créer sa troupe de spectacle, à l'instar de Fugain et de son Big Bazar, avec le RPR : Rassemblement Pour le Rire.

  Et c'est enfin un premier 1er rôle, avec son film "de Matignon à la Mairie de Paris", sur lequel il mise énormément, en portant la multiple casquette à la fois de réalisateur, auteur, et responsable du casting. Il n'en restera finalement pas grand-chose. Il l’avouera lui-même quelques années plus tard, revenant sur son parcours qui sera truffé de phrases cultes mais dont seule restera de cette production la tordante "je m'engage à rendre la Seine plus propre et même à m'y baigner".
  J'en ris encore.

  Mais il aura à attendre un peu pour que les vrais grands premiers rôles arrivent, car, pour l’instant, la vedette Mitterrand est en haut de l’affiche, raflant tous les castings et s’imposant comme la vedette dramatique par excellence.
  Il attend son heure, il peaufine encore son jeu.
  On se souvient de son inénarrable spectacle intitulé "La Fracture Sociale" dans lequel il dépeint au vitriol une société dans laquelle il ne se reconnaît plus. L'artiste a changé, à grandi.
  Il a mûri.
  Il ne veut plus être qu'un amuseur, il se sent responsable. Et ça paye.
  C'est enfin la consécration pour celui qui travaille sans relâche, accédant enfin au premier rôle tant désiré avec la superproduction « Chichi 1 – France 0 ».
  Étant prêt à tous les sacrifices pour nous faire dérider et nous faire réfléchir, il écrit le spectacle "Hiroshima mon cul", summum de l’humour antimilitariste, n’hésitant pas à le sortir au lendemain du 50ème anniversaire du largage de la 1ère bombe atomique.
  C’est pas de l’humour engagé, ça, Madame ?

  Malheureusement, le vent tourne et le public le boude dans les salles. Ses prestations dans les films de l’époque, et ayant pour acolyte Alain Juppé, n’enchantent guère les foules. Alignant échec sur échec, en pleine dépression, il n’hésite pas à arrêter un tournage en court et à stopper le duo avec Juppé. Il va chercher longtemps qui pourrait avoir la stature de son ancien camarade de jeu, pour arrêter son choix, enfin et à la surprise générale, sur Lionel Jospin, lequel semble à l’opposé de Chirac, ne vivant que dans l’univers Shakespearien plutôt que dans la gaudriole Chiraquienne. Suivront des productions bien faites, honnêtes, qui feront plaisir à voir, mais s’y sentant un peu à l’étroit...
  Pour preuve, et pour se remettre dans la course, il piochera sans scrupule dans les bons vieux scénarii, et n’hésitera pas à sortir un film, une suite, au goût de déjà vu : « Chichi 2 – France 0 », qui fera tout de même salle comble et ce sera d’ailleurs son plus grand succès public(*) 
  Mais, grandeur et décadence, l’artiste se perd dans un humour que certains n’hésitent pas à appeler de tarte-à-la-crème, tandis que ses amis continuent à le nommer avant-gardiste. Les spectacles sur l’Europe, puis le double album live CNE/CPE accumulent les mauvaises critiques auprès du public et de la presse, comme Télérama, c’est dire à quel point c’était caca.
  Enfin, bref, il s’en est allé le Monsieur. Il nous laisse un peu orphelin.

  J’ai dis un peu, faut pas trop délirer non plus.
   
  ERRATUM : c’est à la surprise générale que nous apprenons, au moment même de mettre l'article en ligne, que Jacques Chirac et bel et bien vivant et qu’il n’est « pas près à ce qu’on lui pique la place » et qu’il plancherait sur un nouveau spectacle.
  Toutes nos excuses à sa veuve.  

  (*) L’honnêteté journalistique qui honore notre rédaction nous oblige à préciser que ce qui était proposé à la même époque sur les écrans ne transpirait pas la finesse et la légèreté. 

mercredi 1 septembre 2010

[Livre 1] José Carlos Somoza : "La théorie des cordes"

 José Carlos Somoza : "La théorie des cordes"

4ème de couverture

  "Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale oeuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanité, les scientifiques perçoivent rapidement que ce programme, financé par de mystérieux fonds privés, pourrait connaître des applications moins angéliques. Un drame conduit à la suspension immédiate des recherches, dispersant aux quatre vents les apprentis sorciers.
Dix ans plus tard, Elisa Robledo, brillante physicienne d'une université de Madrid, se sent en danger de mort. Avec ses anciens acolytes, elle retourne aux origines de la tragédie, sur cet îlot où ils avaient profané le temps.

Intensité, profondeur, puissance narrative : José Carlos Somoza porte les énigmes de la physique au cœur d'un roman dont l'efficacité fait frémir."






1er paragraphe :
"Exactement six minutes et treize secondes avant que sa vie ne fît une culbute horrible et définitive, Elisa Robledo se livrait à une activité banale : elle donnait à quinze élèves ingénieurs de deuxième année un cours facultatif sur les théories modernes de la physique. Elle ne se doutait absolument pas de ce qui allait lui arriver, car, à la différence de tant d'étudiants et de plus d'un professeur, à qui ces lieux pouvaient sembler redoutables, Elisa se sentait plus en sécurité dans une salle de classe qu'à son propre domicile. Il en allait de même dans le vieux lycée où elle avait préparé le bac et dans la salle nue de la faculté. Elle travaillait maintenant dans les installations modernes et lumineuses de l'Ecole supérieure d'ingénieurs de l'université Alighieri de Madrid, un luxueux centre privé dont les salles de cours bénéficiaient de larges baies vitrées, d'une belle vue sur le campus, d'une acoustique splendide et d'une odeur de bois nobles. Elisa aurait pu vivre là. de façon inconsciente, elle supposait que rien de mauvais ne pouvait lui arriver dans un endroit tel que celui-là."


Avis
Je n'aime pas lire les 4ème de couverture. 
Ça fait des années que je ne les lis plus. Je ne les lis qu'à la fin. Et donc je n'avais pas lu celle-là non plus. Je me laisse aller à choisir un livre si je connais l'auteur, si on m'en a parlé, si le titre m'attire... si la couverture me trouble... si le titre est zarbe...
Enfin, faut un truc, quoi.
Là, ça a joué avec le titre et la superbe couverture.
Et Je pense que j'ai bien fais car encore une fois la 4ème en dit trop. Mais comme c'est très facilement trouvable sur internet... mmmhh.... je me demande si je ne vais pas m'abstenir de les écrire la prochaine fois.
Donc c'est une plongée au coeur de la physique moderne et de l'inconscient.
Passionnant !
Et en prime c'est diablement bien écrit.


Note
16/20